Promis, je ne vous parlerai pas de sécurité, de peur, de dispositif. Ces mots se sont déjà bien assez invités dans les pages sportives ces derniers jours. Anxiogène à souhait. Ou alors juste pour saluer l’initiative responsable des supporters olympiens, qui ont préféré faire une croix sur un déplacement (qui leur tient particulièrement à coeur, rappelons-le) plutôt que de l’effectuer dans ces conditions.
Je vous épargnerai aussi le florilège de souvenirs. Ressassés à l’envi. Si l’on s’accorde pour dire que la rivalité (sous sa forme irrationnelle) n’existe réellement que depuis 20 ans, et que les deux équipes s’affrontent au minimum deux fois par saison, on admettra que la grande et la petite histoire auront déjà eu toutes les occasions d’être racontées, remémorées, revisitées. Encore et encore. Jusqu’à les gâter. Quand c’est trop, c’est Clasico.
Je préfère, c’est mon choix, ainsi que le vôtre en continuant à lire ce qui suit, évoquer l’excitation de Ben Arfa à l’approche de son premier Clasico. Parce qu’elle résume à elle-seule ce qu’on aime dans ce match. Elle porte le sens de cette affiche absolue de notre petite terre de foot. Elle image l’envie de frapper un grand coup.
Ben Arfa, donc, brûle d’impatience. Vierge de tout Clasico après les avoir suivis avec gourmandise, petit, devant la tv, l’international français a hâte de se « dépuceler ». Ce sont ses mots, dans une bonne interview à France Football. Après avoir crevé l’écran au Parc sous le maillot lyonnais en 2007, le milieu de terrain n’a pas encore pu faire des misères à Paris sous ses nouvelles couleurs. Dimanche, il espère. Il attend. Et nous avec. Ses yeux qui brillent et ce qu’on voit de lui depuis deux mois sont une promesse. C’est de là que nait la nôtre d’excitation avant PSG-OM.
L’OM a mâché danois
Peut-être n’étions-nous pas nombreux à redouter le match retour face à Copenhague et un possible relâchement. Sur ce que l’on avait vu d’eux à l’aller, les Danois avaient quelques moyens de tracasser un OM à 50%. Il faut croire que lors de la première manche, ils étaient au-dessus de leur véritable potentiel du moment. Et qu’ils y ont laissé non seulement des plumes, mais aussi tout espoir de qualification. Car jeudi, les 28 000 spectateurs du Vélodrome ont assisté à un tour de piste au petit trot. Deschamps ne s’en plaindra pas. Par contre, il avouera : « Si je voulais être perfectionniste, je dirais que nous aurions pu éviter d’encaisser ce but en fin de match ». Depuis Trélissac début janvier, l’OM n’a plus rendu une copie parfaite. C’est à dire où aucun but n’est venu l’entacher. Les résultats n’en ont pas (ou très peu) pâti. Mais il ne fait jamais bon s’habituer à prendre un petit but par ci, un petit but par là. Même sans conséquence. Dans une période où tout leur sourit, les Olympiens ont au moins cette marge de progression-là pour leurs prochains rendez-vous.
Cheyrou, enfin ?
On n’y croyait plus. Lui, non plus, ou presque. D’ailleurs, quand ses camarades lui ont appris la nouvelle à la collation, avant OM-Copenhague, Benoît a même pensé à une blague. C’eut-été un peu vache, disons-le. C’est dire en tout cas l’état d’esprit dans lequel se trouvent tous ces joueurs dont le talent bat la mesure avec régularité, et qui en ont soupé d’attendre que le téléphone sonne. Et qui ont fini par ne plus attendre.
Espérons que Domenech aille jusqu’au bout du raisonnement, et qu’il l’essaye pour de bon la semaine prochaine contre l’Espagne. Sinon, à quoi bon l’appeler ? Juste pour lui faire voir le Stade de France, et l’asseoir dans la tribune ou sur le banc ? Merci pour lui. Il y retourne le 27 mars, avec l’OM. Non, la sélection de Cheyrou sera effectivement une bonne nouvelle quand on le verra, tunique bleue sur le dos, participer à France-Espagne, et se voir réellement offrir sa chance.
Laurent Oreggia