Et Gnabouyou se présenta au point de penalty…
Vous étiez peut-être inquiets en voyant que le cinquième tireur désigné par Didier Deschamps était un des joueurs les moins expérimentés sur la pelouse. Non pas que vous doutiez des capacités de ce dernier, mais le contexte, l’enjeu et l’adversaire rendaient l’exercice plus compliqué qu’en apparence. Retour sur une situation déterminante à plus d’un titre.
57 000 spectateurs retiennent leur souffle, Guy Gnabouyou se dirige vers le point de penalty pour tirer le cinquième et peut-être dernier tir au but marseillais. Le PSG mène 4-3. Ce n’est « que » le trophée des Champions mais la pression d’une telle situation n’en reste pas moins énorme.
A la clé, pas même l’opportunité de laisser exploser sa joie en cas de réussite, seulement l’éventuel soulagement de remettre l’OM en selle, de ne pas être celui qui aura laissé au PSG, rival de toujours, ce trophée des Champions.
S’il manque, c’est terminé. S’il marque, l’espoir subsiste.
Les pièges sont nombreux. Un pied trop ouvert et c’est le cadre qui se dérobe. Une puissance mal ajustée et le ballon peut s’envoler au dessus de la transversale. Plus simplement encore, un jeu de regard mal maîtrisé, une indication malencontreusement lâchée par une course trop prévisible et le très expérimenté Grégory Coupet sera sur la trajectoire.
C’est dans ce cadre pour le moins angoissant, que ce jeune joueur de 21 ans pose son ballon sur le rond blanc. Lui qui vient d’entrer 5 minutes avant le coup de sifflet final. Lui qui participe depuis deux saisons aux préparations estivales et matches amicaux mais qui ne comptait officiellement avant hier soir, que 58 minutes sous le maillot olympien.
Le cœur de chaque supporter bat la chamade et ce, sans jeu de mot volontaire faisant référence à l’opération à cœur ouvert qu’a subie le jeune garçon voilà 2 ans.

Il s’élance, on craint l’arrêt, le poteau, la « panenka » mal inspirée… il n’en est rien. Guy Kassa Gnabouyou appuie sa frappe, place son ballon et trompe Gregory Coupet.
5 partout balle au centre. La suite des évènements fera de Steve Mandanda et Edouard Cissé les héros de la soirée. Le lendemain, c’est bien les arrêts et frappes respectives de ces derniers qui tourneront en boucle sur les télés.
Gnabouyou lui, aurait pu être le grand perdant de cette séance de tirs au but, il restera comme le héros oublié qui a eu les épaules assez solides pour ne pas craquer.
« J’ai tiré naturellement. J’ai l’habitude de les tirer avec la réserve, mais évidemment pas devant autant de monde (…) Si je ratais, on perdait. Alors ma réussite a été un soulagement », raconte-t-il ce vendredi dans La Provence.
A l’heure où le fantasme récurrent du mercato laisse entendre à qui le veut bien que son idole Didier Drogba pourrait revenir à l’OM, Guy Gnabouyou lui, était bel et bien présent sur la pelouse hier soir. Sa nouvelle coupe de cheveux pourrait d’ailleurs laisser sous-entendre que le numéro 29 olympien a grandi, qu’il ne cherche plus à ressembler à quiconque. Le moment serait-il venu pour ce marseillais de naissance de commencer à écrire sa propre histoire, quelle qu’elle soit. Cela passait, peut-être, par ce tir au but.
Sébastien Iglesias
Journaliste d’OM Médias


C’est le petit frère d’OM.net. Malgré son jeune âge (il est né l’automne dernier), il a déjà son caractère. Ses humeurs. Celles de la rédac’ des médias OM. De Dominique. Les miennes, sous forme d’un bloc-notes. D’autres contributeurs, aussi. Pour la Coupe du Monde, une nouvelle signature s’est ajoutée. Celle d’une figure majeure de la scène rap marseillaise, Sat. Chaque jour, son clavier martèle ses coups de cœur et coups de mou sur le Mondial. Et vous fait réagir. Il s’invite même dans les commentaires pour y poursuivre la discussion.

Dans la nuit de samedi à dimanche prochain, nous perdrons une heure de sommeil, changement d’horaire oblige. Si, par bonheur, nos joueurs accrochent la Coupe de la Ligue, ils ne verront pas le temps passer, nos supporteurs non plus. On se moque de dormir quand on se sent en vie et heureux. Cette finale face à Bordeaux, nous voulons à toute force qu’elle soit belle et pleine et surtout victorieuse. Dix sept ans à Marseille qu’on attend le soleil sous la forme d’un trophée qui ne soit pas en bois ou en toc. La patience est l’art d’espérer, dit avec sagesse le philosophe. Eh bien, vive le philosophe surtout s’il porte les couleurs de l’OM !
Le nul plein de promesses arraché à Lisbonne n’est qu’un début. Celui d’une possible qualification en ¼ de finale de C3 jeudi prochain, celui surtout d’une quinzaine colossale pour les Olympiens. Pour un crescendo jusqu’au Stade de France.


