A quoi joue l’OM ?

C’est fini ? Pourquoi, ça avait commencé ? C’est un peu ce que je me disais à voix basse à l’issue de la rencontre face à Monaco (0-0). Rarement je n’ai eu aussi hâte qu’un match se termine. Peut-être de crainte de mourir d’ennui avant les trois coups de sifflet synonymes de délivrance.
Quand je repense au piètre spectacle auquel il nous a été donné d’assister, je comprends mieux pourquoi canal + rechigne à revoir à la hausse le montant du chèque qu’il verse chaque saison pour s’attribuer l’exclusivité des droits de la ligue 1. Il faut dire que payer près de 650 millions d’euros pour diffuser des matchs amicaux, c’est cher payé. Pourquoi, ce n’était pas un match amical ? Ce match comptait réellement pour le compte de la 21ème journée ? Voyons, vous n’êtes pas sérieux… Et c’est bien là que ça coince. Dire que si l’OM l’avait emporté, il serait remonté à la 3ème place du classement compte tenu des faux pas de Lyon et Rennes la veille. Du gâchis !
Pourtant l’occase était belle avec ce déplacement à Louis II pour y affronter l’avant-dernier du championnat. Une équipe de Monaco qui redémarrait sa saison, composée en partie de joueurs n’ayant plus joué depuis belle lurette tels que Diarra, Muratori, Lacombe…et j’en passe. Ce qui aurait dû être une formalité a viré au chemin de croix. Pire, sans Mandanda auteur d’une parade déterminante sur Coutadeur peu avant la mi-temps, on aurait pu rentrer bredouille. Trêve de plaisanteries. À quoi joue l’OM ?
L’espoir est permis
A l’évidence, l’OM alterne le chaud et le froid. D’un côté, une défense rassurante, rarement mise à défaut par ses adversaires quels qu’ils soient, et un gardien au sommet de son art. De l’autre, une animation offensive à nouveau en panne, qui suscite nombre de questions et interrogations. A en juger par la mine déconfite de Didier Deschamps à l’issue du match, il n’a visiblement toujours pas trouvé la réponse.
Enfin si, il l’avait trouvée. Mais compte tenu de l’absence prolongée de Valbuena et la suspension de Brandao, la formule qui avait si bien fonctionné face à Bordeaux et Auxerre n’a pu être reconduite en Principauté. On a vu le résultat, deux occasions de Rémy, seul joueur à avoir pesé sur le front de l’attaque. Les semaines se suivent et se ressemblent pour l’entraîneur marseillais qui n’aura eu qu’à trop peu de reprises l’effectif au complet pour pouvoir travailler et peaufiner les automatismes entre les uns et les autres.
Est-ce que les carottes sont cuites pour autant ? Non, loin de là. Je ne vous ressortirai pas l’éternel refrain comme quoi on avait 12 points de retard sur Bordeaux l’année dernière…et bla bla bla… On en compte désormais 8 sur Lille et 4 sur Paris que l’on recevra tour à tour. Ce n’est pas insurmontable. L’espoir est donc toujours permis. A condition de ne plus laisser filer de points, de se retrousser les chaussettes et vite se remettre au travail.
Une bonne discussion à bâtons rompus ne me paraîtrait pas de trop non plus, comme le laissaient entendre quelques olympiens, à commencer par le très lucide Steve Mandanda.
Sat



Un laps de temps durant lequel l’équipe va devoir évoluer sans lui. Indiscutablement un coup dur au vu de sa première partie de saison. D’ailleurs, dans un top que je consacrais aux olympiens durant la trêve, je lui réservais la deuxième place, juste derrière Steve Mandanda. Nombre d’entre vous le voyaient même sur la plus haute marche, comme pour mieux mettre en valeur ses performances, sa régularité et ses buts ô combien importants dans des matches capitaux.
Tout ça est bien beau mais il faut désormais regarder devant et trouver une solution. Celle-ci semble toute trouvée en la personne de Loïc Rémy. Le jeune international a ici une belle occasion de se montrer et de quitter le banc des remplaçants. Un banc qu’il a justement délaissé à deux reprises lors des deux derniers matches face à Bordeaux et Auxerre, pour entrer en lieu et place de… Mathieu Valbuena. Loïc semble ainsi tenir la corde plus qu’aucun autre pour assurer l’intérim. Encore qu’il ait toutes les qualités requises pour prétendre à une place dans le onze de départ en temps normal.
A l’exception de Mbia qui retrouvait une place dans l’axe de la défense aux côtés de Diawara, la formation alignée à l’Abbé Deschamps était trait pour trait celle qui avait débuté face à Bordeaux quatre jours plus tôt. Résultat des courses : deux victoires. Peut-être un peu tôt pour tirer des conclusions, mais quelque chose me fait dire qu’une équipe est née.
Mais ça, ce n’est pas une nouveauté. Cette paire a déjà largement fait ses preuves la saison dernière. Elle qui n’a malheureusement pu être alignée qu’à trop peu de reprises cette saison en raison de blessures et suspensions diverses. Non, la grande nouveauté concerne l’attaque. Souvenez-vous, il y a peu de temps j’employais le terme de «gros chantier» pour qualifier celle-ci. D’ailleurs, nous nous étions amusés ici même sur ce blog, à composer tour à tour notre attaque idéale. Il semblerait que Didier Deschamps n’ait pas attendu après nous. Il a trouvé la sienne. Gignac à gauche, Brandao en pointe, Valbuena à droite. Voilà pour l’heure le ticket gagnant. Et ils ont les stats en leur faveur. Deux buts pour le premier, autant pour le second lors des deux derniers matchs. Autant de signes qui me laissent penser que l’équipe ne devrait pas ou peu bouger dans les semaines à venir.


