A la croisée des douleurs
Les croisés. Samedi, Azpi a connu l’une des plus terribles blessures qu’un footballeur puisse vivre dans sa carrière. Celle que redoute aussi monsieur tout-le-monde quand il enfile sa tenue de footballeur du dimanche.
Impossible d’oublier le bruit. Une sorte de déchirement tout d’abord, suivi d’un puissant impact. Le déchirement, c’est le ligament qui se rompt. L’impact, c’est le fémur qui vient s’écraser sur le tibia. Le ligament croisé antérieur est justement la pièce maîtresse permettant les mouvements rotatifs du genou entre ces deux parties.
La douleur est à la hauteur de la surprise. Dans un duel en un contre un on s’attend toujours à recevoir un coup ou à être déséquilibré. La rupture de ligament croisé antérieur intervient souvent là où on s’y attend le moins, à la réception d’un saut par exemple, ou la prise d’appui avant une frappe.
Entre stupeur et douleur, le joueur se retrouve au sol en hurlant, impossible de gérer autrement. Le médecin arrive, vérifie ce qu’on appelle le tiroir du genou pour anticiper ce que confirmera l’IRM quelques jours plus tard. Pas de « T’inquiètes c’est rien de méchant » pour cette fois. Non, c’est juste le début d’une énorme galère.
Arrive l’opération, inévitable pour quiconque veut continuer à pratiquer un sport de pivot sans risquer la prothèse de genou quelques années plus tard.
Somme toute complexe, l’intervention est aujourd’hui un classique, presque un jeu d’enfant pour les chirurgiens habitués à l’exercice (et il y en a de très bons à Marseille).
On passe sur le réveil difficile d’une anesthésie générale et les douleurs inévitables après de tels travaux orchestrés dans le corps (on vous prend un morceau d’ischio ici pour vous le remettre là). Anti-douleurs et repos deviennent vos meilleurs amis. L’obligation de tenir la jambe droite et l’interdiction de poser pied à terre pendant plusieurs jours transforment chaque besoin classique d’une journée en véritable expédition.
La rééducation commence et les données s’inversent. Alors que vous commenciez à vous faire à l’idée de ne pas plier, on vous conseille vivement de le faire, petit à petit, pour éviter de perdre votre flexion de façon quasi-définitive. Soins physiologiques, contractions des muscles (qui ont fondu en quelques jours) et manipulations délicates du kiné deviennent votre quotidien.
L’impression de devoir réapprendre à marcher est gênante, un sentiment d’impuissance envahit le blessé dorénavant réparé. C’est là où il faut avoir les ressources mentales pour ne pas baisser les bras.
La période de rééducation se découpe en plusieurs étapes. Certaines sont longues au point d’avoir l’impression de faire du surplace.
Quelques mois plus tard, les premiers pas de courses sont teintés d’hésitation, les retrouvailles avec le ballon remplies d’appréhension. Revenir d’une rupture d’un ligament croisé n’a rien d’une mince affaire même si pour un sportif de haut niveau les capacités de récupération et qualités mentales surpassent « le commun des mortels » dont vous et moi faisons partie.
Parce qu’il appartient à la première catégorie, nul doute que Cesar en sortira plus fort, blindé mentalement.
Un jour, en parlant avec un footballeur, j’ai pris pour exemple Djibril Cissé qui avait eu la force nécessaire de revenir à son meilleur niveau après deux fractures successives. Le joueur m’a répondu qu’il préférait se casser les deux jambes plutôt que de « se faire les croisés » comme on dit dans le milieu.
Cela vous donne une vague idée de ce que cela peut représenter pour un footballeur.
Courage Azpi, la route sera longue, mais l’OM est avec toi et attend déjà ton retour.
Sébastien IGLESIAS – OMtv
Victime d’une rupture du ligament croisé
antérieur le 16 Novembre 2009


Il y en aurait des choses à dire sur ce match… A tel point que je ne sais même pas par où commencer. Enfin si. Peut-être par le fait le plus marquant de cette rencontre à mon sens, la blessure d’ « Azpi ». Une action banale comme il en a déjà connu des milliers et le drame surgit, là où on l’attend le moins. Un mauvais appui, le genou qui tourne et le diagnostic qui tombe: rupture du ligament croisé. C’est sans appel. Saison terminée pour celui qui montait en puissance au fil des matchs depuis quelques temps.
Un gros coup dur pour l’OM qui ne compte pas un autre spécialiste du genre à ce poste, si ce n’est Charles Kabore souvent amené à jouer les « pompiers de service ». Nul doute qu’un renfort sera nécessaire et vite. Mais qu’est-ce à côté de ce que va devoir traverser le jeune Cesar dans les mois à venir ? Du coup, au moment d’écrire mon article, je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour « Azpi ». En lui souhaitant bien évidemment un bon rétablissement, en attendant de le voir à nouveau fouler les pelouses.
Et à part ça, me direz-vous? Eh bien, c’est vous qui allez me le dire… Que retenez-vous de cette rencontre? Le score (4-0), qui n’est autre que le plus large de la saison en championnat avec ce festival offensif ? La sérénité défensive retrouvée avec ce troisième match consécutif sans encaisser de but? Les parades de Steve, qui pour la peine a encore gardé sa cage inviolée? La « stat’ » qui s’est encore vérifiée et qui veut que lorsque le trio Diawara – M’Bia – Cissé est aligné, l’OM ne perd pas ? Les prestations éblouissantes de Lucho Gonzalez et « Ben » Cheyrou, tous deux buteurs et dépositaires du jeu Marseillais? Les courses et les efforts répétés d’André Ayew et Mathieu Valbuena qui s’est pour sa part encore illustré par un but, son troisième sur le plan personnel en dix jours après ceux inscrits avec les Bleus à Wembley et avec l’OM à Moscou? La place de leader confortée par le match nul entre Bordeaux et Lille en attendant le résultat de Lyon-PSG? A vous de dire. Ce blog est là pour ça.
Une belle victoire en tous cas, largement méritée, malgré ce petit quart d’heure de flottement au retour des vestiaires. Probablement le meilleur match des Olympiens à domicile depuis le début de la saison. Oui, la soirée a été belle malgré le froid et la pluie. Elle aurait même pu être parfaite sans cette grave blessure d’ « Azpi » qui pour le coup rend la victoire amère. Je crois même que c’est la première fois que je ne savoure pas un tel succès comme il se doit…



