Dans le train et la grisaille nous escortant vers Paris, cette réflexion, ou plutôt cette question : Y a-t-il, samedi, une malédiction à vaincre ? Un mauvais œil qui nous zieuterait depuis 17 ans et à qui il serait temps de dire d’aller regarder ailleurs ?
On ne peut ignorer que l’enjeu véritable de cette finale n’est pas de mettre un coup au moral des Girondins dans la course au titre. Ce serait pas mal, mais ce n’est pas l’objectif premier.
Il ne s’agira pas non plus de considérer la saison comme terminée à 23h, en estimant le boulot 2009/10 accompli. Tout relâchement ultérieur, alors que le coup reste jouable en championnat, est d’ores et déjà proscrit.
Comme nous l’ont dit cette semaine des supporters : cette coupe, c’est la cerise avant le gâteau.
Non, si une victoire peut avoir un vrai retentissement à Marseille et dans tous les coins de France où l’on se passionne pour l’OM, c’est bien parce qu’elle viendrait tirer un trait sur ces longues années de disette. Elle extirperait le Club des larmes et des déceptions. Et le réhabituerait en douceur à l’air des succès, des joies, des titres, défilés.
Depuis trois ans, l’équipe n’a jamais fini plus bas que 3e. Le temps des fins de saison angoissantes est révolu depuis un bail. Mais on n’a pas encore pu ajouter un nouveau trophée dans la vitrine.
Maudit, l’OM ? On se souvient l’avoir pensé fort et donc écrit. Il faut dire que les 4 dernières finales disputées par les Phocéens ont laissé des souvenirs amers. Entre les suspensions et blessures en cascade pour affronter Parme (1999), la double peine pour Barthez face à Valence (2004), et l’improbable retournement de situation sochalien (2007), il y a de quoi se poser la question. Seule la triste rencontre face à Paris (2006) échappe à l’inventaire. Mauvais match des hommes de Jean Fernandez. Défaite logique.
Mais donc cette idée de malédiction. Tenace. Et pourtant, elle sous-entend grossièrement que l’OM a fait quelque chose de « mal », et paye en retour. Pour VA-OM ? Les deux ans en deuxième division ainsi que l’interdiction de défendre le titre de Munich ont déjà été des punitions plus que suffisantes. Maudit pour quoi alors ? Pour rien.
Cette année, les Phocéens ont déjà prouvé qu’il n’y avait pas une force occulte qui les maintenait à distance d’une finale de la Coupe de la Ligue. Un premier signe.
On ne voit ni raison, ni logique à ce que les bonheurs continuer de se refuser, indéfiniment, à l’Olympique et sa cohorte de fans. Au contraire, il va bien falloir que cela s’arrête un jour. Toute série a une fin. Ce samedi, ce serait bien.
Laurent Oreggia
Responsable d’OM.net