O Mamma, (non) ho visto Maradona…

« Diego à la Commanderie ??? J’hallucine ! » « Je L’ai vu ! » « Nooooon, je L’ai raté, c’est pas possible ! Pour une fois que je ne travaille pas le week-end… ». Les murs Facebook de mes confrères et consœurs d’OMtv ressemblaient à ça ce week-end. Partagés en deux. Entre ceux qui y étaient. Et les autres. Tous les autres. Je fais partie des autres. Voilà, Maradona était chez nous samedi dernier. Comme une apparition divine.
Il n’a pas touché un ballon. Est resté assis pratiquement tout le long, derrière le grillage qui ceinture le terrain. Un cigare (et un sourire) au bec. Et s’est prêté de bonne grâce aux photos avec des Olympiens passés subitement de l’autre côté de la barrière, redevenus des fans.
Sa seule présence a convoqué sur le champ nos souvenirs de son époque napolitaine. Son arrivée rock n’roll au San Paolo, ses jongles avec une balle de golf ( !), ou encore son jeu de la transversale sur lequel même Zidane s’avouera vaincu par ces mots fatalistes et admiratifs dans son DVD : « Bon, c’est Maradona… »
Pourquoi tant d’enthousiasme ? interrogeront peut-être les plus jeunes. La vidéo ci-dessous, captée lors d’un échauffement, parle d’elle-même. Et ce chant de revenir résonner dans la tête : « O mamma mamma mamma, o mamma mamma mamma, sai perché mi batte il corazon? Ho visto Maradona, ho visto Maradona, eh, mammà, innamorato son » (*).
« C’est fantastique. Lyon rejoint Reims, St Etienne, Marseille… ». Il y avait un peu de quoi s’étrangler en entendant ce commentaire sur TF1, à la fin de Real-Lyon la semaine dernière.
Bien sûr, il ne serait pas judicieux de dévaluer l’authentique exploit réussi par les Gones face à une équipe madrilène qui a passé six buts à l’OM cette saison. Mais de là à faire passer la vessie d’un 8e pour une lanterne de finale européenne… De là à imaginer que la performance d’une qualification en quarts pouvait arriver à la cheville (notamment populaire) du titre suprême remporté par l’OM en 1993…
Personne n’est descendu dans la rue mercredi soir en France. Et alors que le site web de Lyon avait, l’air de rien, laissé filtrer l’info de l’heure du retour des héros sur le sol rhodanien, l’aéroport sonnait creux jeudi. Il y a encore du boulot avant de rejoindre Reims, St Etienne et l’OM sur le terrain de la passion.
Restons un instant encore sur la Ligue des Champions. « Peut-elle faire perdre à Bordeaux son titre de champion de France ? », a questionné L’Equipe. Les lecteurs ont répondu « oui » à 66%. Très bien. Allez les Girondins alors !
Et l’OM dans tout ça ? Europa League, sommet face à l’OL en championnat et finale de la Coupe de la Ligue. Bigre. Jeudi, l’équipe entre dans une séquence de 10 jours qui va déterminer toute sa saison. « Peut-être les 3 matches les plus décisifs », acquiesce Cheyrou. Rien de moins. Et franchement, je ne sais pas vous, mais nous, on y croit terriblement.
Laurent Oreggia
* Chant des supporters napolitains qui se traduit ainsi : « Oh Maman, sais-tu pourquoi bat mon cœur ? J’ai vu Maradona. Et, Maman, j’en suis amoureux ».

Le choix a été tellement rude que ce sont deux doublettes qui ont été sélectionnées à l’issue de la deuxième d’OMtv Academy. Le niveau élevé a empêché le jury de départager les deux équipes qui sont toutes deux qualifiées pour la finale !
Le nul plein de promesses arraché à Lisbonne n’est qu’un début. Celui d’une possible qualification en ¼ de finale de C3 jeudi prochain, celui surtout d’une quinzaine colossale pour les Olympiens. Pour un crescendo jusqu’au Stade de France.
« Jeu de main, jeu de vilain ». On entend beaucoup ça quand on est petit. Je n’étais pas bien vieux (12 ans) quand c’est devenu bien concret. Tristement inoubliable. Vous l’aurez vite compris, c’était un soir d’avril 1990.